
Bouna Sylla, Ministre des Mines et de la Géologie de la République de Guinée.
Par Assou AFANGLO
La Guinée poursuit sa stratégie de transformation de son secteur minier. Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a reçu le 17 juin 2026 une délégation du Fonds monétaire international (FMI) conduite par Izabela Karpowicz, en présence du représentant résident de l'institution, Neree Noumou. La rencontre a permis de faire le point sur les réformes engagées dans le secteur minier ainsi que sur les perspectives de transformation structurelle de l'économie guinéenne. Les échanges ont également porté sur les mécanismes de valorisation des ressources naturelles et sur les ambitions industrielles du pays.
Au cours des discussions, le ministre a présenté les priorités stratégiques de son département, notamment la diversification de la chaîne de valeur minière afin d'accroître les retombées économiques du secteur. Il est également revenu sur les objectifs de l'Accord-cadre de co-développement du projet Simandou, https://www.simandou2040.gn/ considéré comme l'un des principaux leviers de transformation économique du pays.
Miser sur la transformation locale
Pour les autorités guinéennes, l'enjeu dépasse désormais la simple exportation de matières premières. L'objectif est de développer une industrie de transformation capable de générer davantage de valeur ajoutée, d'emplois qualifiés et de recettes fiscales.
« Nous sommes le premier producteur mondial de bauxite, mais nous ne pouvons plus nous contenter d'exporter uniquement de la bauxite. L'industrialisation est une priorité », a déclaré Bouna Sylla. Cette orientation s'inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la contribution du secteur minier au développement industriel national.
Des réformes pour assainir le secteur
Le ministre a également présenté les réformes engagées pour améliorer la gouvernance du secteur. Parmi les mesures mises en œuvre figurent le retrait de plusieurs permis d'exploitation jugés non conformes, la digitalisation du cadastre minier à travers la plateforme Damanda et le renforcement du suivi des activités extractives. Les autorités ont également instauré une politique de rapatriement des devises imposant aux sociétés minières de faire transiter et conserver en Guinée au moins 50 % des revenus issus de leurs exportations. Cette mesure vise à accroître les retombées financières du secteur sur l'économie nationale et à renforcer les réserves en devises du pays.
Cinq raffineries d'alumine prévues d'ici 2030
Premier producteur mondial de bauxite, la Guinée entend accélérer son industrialisation à travers la construction de cinq raffineries d'alumine à l'horizon 2030. Trois projets sont déjà engagés. Le premier concerne la raffinerie de State Power Investment Corporation (SPIC), à Boffa, dont les travaux ont été lancés en mars 2026. Le deuxième projet est porté par Winning Consortium Alumina Guinea (WCAG) à Dobali. Son lancement officiel est intervenu en décembre 2025.Enfin, le 13 juin dernier, les travaux de la raffinerie de Chalco (China Aluminium Corporation) ont été officiellement lancés à Lisso-Demougala, dans la préfecture de Boffa.
À travers ces investissements, la Guinée ambitionne de franchir une nouvelle étape dans sa stratégie de montée en gamme industrielle et de mieux valoriser ses importantes ressources minières.











