
Romuald Wadagni, Président de la République du Bénin
Par Boris Mawuena
Le Bénin confirme son statut de référence africaine en matière de gouvernance budgétaire. Selon l'édition 2025 de l'Open Budget Survey (OBS), réalisée par l'International Budget Partnership (IBP), le pays se distingue particulièrement par son niveau d'implication des citoyens dans le processus budgétaire. Avec une note de 52 sur 100, il se hisse au premier rang en Afrique et figure parmi les meilleures performances mondiales sur cet indicateur spécifique. Ce résultat est d'autant plus remarquable que la moyenne mondiale s'établit à 17 sur 100, tandis que celle de l'Afrique subsaharienne atteint à peine 16. Dans la sous-région, les écarts sont considérables : la République démocratique du Congo obtient 31 points, le Cameroun et le Mali 9 points chacun, la Côte d'Ivoire et le Sénégal 6 points, le Burkina Faso 4 points, alors que le Niger et le Tchad ne récoltent aucun point.
Une décennie de progrès en matière de transparence
Cette performance est le fruit d'un processus de réformes engagé depuis plusieurs années. En matière de transparence budgétaire, le Bénin a enregistré une progression constante au cours de la dernière décennie. Son score est passé de 39 sur 100 en 2017 à 49 en 2019, puis à 65 en 2021, avant d'atteindre 79 en 2023. Dans l'édition 2025, le pays conserve un niveau élevé avec 77 points, largement au-dessus de la moyenne mondiale fixée à 45. L'enquête met notamment en avant la qualité et l'accessibilité des principaux documents budgétaires. Le document de cadrage budgétaire préalable obtient la note maximale de 100 sur 100. Le budget adopté par le Parlement reçoit 95 points, le budget citoyen 92 points et le projet de budget présenté par l'Exécutif 83 points. Ces documents sont publiés dans les délais et mis à la disposition du public, renforçant ainsi la transparence de la gestion des finances publiques.
Toutefois, il convient de préciser que le classement souvent présenté comme une « deuxième place mondiale » concerne uniquement la participation citoyenne. L'Open Budget Survey repose en réalité sur trois piliers : la transparence budgétaire, la participation du public et le contrôle exercé par les institutions de surveillance, notamment le Parlement et la Cour des comptes.
Une performance à consolider
Sur ce dernier volet, le Bénin affiche également une performance solide avec une note de 72 sur 100. L'étude souligne notamment l'efficacité du contrôle parlementaire ainsi que celui assuré par la juridiction financière. Dans le détail, la participation citoyenne atteint 87 points lors de l'élaboration du budget grâce aux consultations prébudgétaires organisées par le ministère de l'Économie et des Finances, 55 points lors de l'examen parlementaire et 67 points pendant l'exécution budgétaire. En revanche, aucun mécanisme ne permet encore au public de participer aux travaux de la Cour des comptes, ce qui explique la note nulle enregistrée à ce niveau. L'enquête relève également une faiblesse qui a légèrement affecté le score global de transparence. Le rapport d'audit de la Cour des comptes, bien que produit, n'a pas été rendu accessible au public et est resté réservé à un usage interne. L'IBP recommande donc au Bénin de rétablir sa publication en ligne dans les délais prévus afin de garantir un accès libre à cette information.
Au-delà des chiffres, cette reconnaissance internationale renforce la crédibilité du Bénin auprès des investisseurs et des partenaires techniques et financiers. Elle témoigne des progrès accomplis en matière de gouvernance publique. Le défi consiste désormais à préserver ces acquis et à poursuivre les réformes afin que cette transparence accrue se traduise concrètement par une gestion plus efficace des ressources publiques et une amélioration durable des services rendus aux citoyens.








