L'Indice de l'industrialisation en Afrique 2025 (IIA 2025), publié par la Banque africaine de développement (BAD) en partenariat avec l'Union africaine et l'ONUDI, évalue le développement industriel des 54 pays du continent sur la période 2010–2024. À l'échelle sous-régionale, l'Afrique de l'Ouest affiche un score moyen de 0,5136 en 2024, contre 0,5445 pour l'ensemble du continent africain. L'écart avec l'Afrique du Nord, région la plus industrialisée du continent (0,6891), demeure structurel.
Sénégal et Côte d'Ivoire en tête, Bénin en progression constante
Sur les seize pays ouest-africains inclus dans l'indice, deux atteignent le quintile supérieur en 2024 : le Sénégal (0,6368) et la Côte d'Ivoire (0,6173). Le Sénégal enregistre la meilleure progression de la sous-région en termes de classement continental, passant de la 14e à la 8e place entre 2010 et 2024, soit un gain de six positions. La Côte d'Ivoire gagne trois rangs sur la même période, de la 13e à la 10e place.
Le Nigeria (0,5914) et le Ghana (0,5735) se maintiennent dans le quintile intermédiaire supérieur, mais leurs trajectoires divergent : le Nigeria progresse d'une position entre 2010 et 2024, tandis que le Ghana recule d'une place. Sur le sous-indice de performance – qui mesure la capacité à produire et exporter des biens manufacturés – le Nigeria affiche 0,4171 et le Ghana 0,4038, des niveaux inférieurs à ceux du Sénégal (0,4838) et de la Côte d'Ivoire (0,4614).
Le Bénin (0,5519 en 2024) figure dans le quintile intermédiaire et gagne sept places au classement continental, passant du rang 31 en 2010 au rang 24 en 2024. C'est la deuxième meilleure progression de la sous-région après la RDC à l'échelle continentale, et la première en Afrique de l'Ouest. Le Togo (0,5479) suit, également dans le quintile intermédiaire, avec un recul d'une position au classement.
Des déterminants indirects solides, une performance industrielle à renforcer
La lecture des trois dimensions de l'IIA révèle une asymétrie commune à l'ensemble de la sous-région ouest africaine. Les déterminants indirects – qui couvrent l'environnement des affaires, la sécurité et la stabilité macroéconomique – enregistrent les scores les plus élevés dans tous les pays. Le Bénin obtient 0,8981 sur ce sous-indice en 2024, devant le Mali (0,8521), le Sénégal (0,8506) et la Côte d'Ivoire (0,8657). Cette dimension de l'IIA est celle où l'Afrique de l'Ouest se rapproche le plus des standards continentaux.
En revanche, le sous-indice de performance reste le maillon faible de la sous-région. Aucun pays ouest-africain ne dépasse le score de 0,50 sur cette dimension en 2024. Le Sénégal affiche le score le plus élevé (0,4838), suivi de la Côte d'Ivoire (0,4614), du Togo (0,4008), du Nigeria (0,4171) et du Ghana (0,4038). Le Bénin atteint 0,3577, en progression par rapport à 0,3109 en 2010.
Les pays du bas du classement accusent des niveaux de performance particulièrement faibles : Guinée-Bissau (0,1979), Gambie (0,2047), Mauritanie (0,2712) et Sierra Leone (0,2723). Ces quatre pays se situent dans le quintile inférieur ou intermédiaire inférieur de l'IIA 2025.
Sur les déterminants directs – capital, IDE, crédit, infrastructure, capital humain – les progressions sont globalement positives depuis 2010. Le Sénégal est passé de 0,6283 à 0,7593 entre 2010 et 2024, la Côte d'Ivoire de 0,6534 à 0,7269, et le Bénin de 0,5489 à 0,6700. La Mauritanie enregistre la progression la plus marquée sur cette dimension dans la sous-région, passant de 0,6306 à 0,6914.
À l'inverse, le Niger (0,6138 en 2024 contre 0,5515 en 2010) et la Guinée (0,5538 en 2024 contre 0,4890 en 2010) affichent des progressions plus limitées, reflétant les contraintes structurelles persistantes en matière d'investissement et d'accès au financement. La Guinée enregistre même un recul de son déterminant direct entre 2020 (0,6218) et 2024 (0,5538).












