Par Assou AFANGLO
En effet, le secteur de l’eau au Burkina Faso fait face à des défis majeurs. Ils concernent l’approvisionnement, la maintenance et la modernisation des infrastructures. Selon les données disponibles, le taux national d’accès à l’eau potable était de 76,3% en 2023, tandis que le taux d’accès à l’assainissement était de 28%. En milieu urbain, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) assure la desserte de 59 centres urbains. À fin 2024, l’ONEA comptait 634.453 abonnés et desservait environ 6,7 millions de personnes. L’extension continue des réseaux d’adduction d’eau potable entraîne la croissance des besoins en compteurs d’eau, matériels hydrauliques, équipements de maintenance et produits de chloration.
Une réponse aux enjeux de l'heure
Selon le gouvernement, il y a plus de 130.000 compteurs d’eau importés notamment par l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA). Au regard des enjeux de souveraineté économique, la Société industrielle burkinabè de matériels hydrauliques (SOCIMAH) servira de complexe industriel national spécialisé dans la fabrication et l’assemblage de compteurs d’eau intelligents à prépaiement, de matériels et outillages hydrauliques. Son capital social est fixé à 1.000.000.000 F CFA reparti entre l’Etat (70%) et le secteur privé (30%).
Pourquoi des compteurs d'eau intelligents ?
Les compteurs d’eau intelligents, également appelés « compteurs communicants » s'annoncent comme utiles et adaptés au contexte local. Avec sa capacité de mesurer la consommation, les fuites et la qualité de l’eau, ils peuvent transmettre des informations en temps réel aux services techniques de l'ONEA. Véritable dynamique de transfert de technologie, la fabrication de compteurs suppose la mise en exergue de « l’internet des objets » pour développer une industrie locale. Le volet “prépaiement” annoncé par les autorités burkinabè signifie que le consommateur paie d'avance pour un volume donné. Suivant le modèle des compteurs électriques prépayés, l'interruption du service survient dès que les unités rechargées s'épuisent. En d'autres termes, le consommateur ne pourra plus avoir accès à l'eau à condition de recharger de nouveau son compteur.
Cela fait des gains pour l’entreprise publique qui dispose de ressources financières pour faire face aux différentes charges. A cela s'ajoute, l'élimination progressive des problèmes de factures impayées. Il convient de noter qu'en dehors des compteurs électriques, SOCIMAH va aussi fabriquer les matériels et outillages hydrauliques qui entrent dans la construction, l'exploitation, l'entretien et la réparation des réseaux et ouvrages liés à l'eau. Enfin, elle aura également à s'occuper de chloration c'est-à-dire la désinfection de l'eau à l’aide du chlore.






